23.10.2009

La petite fille des îles

bonjour Joyce

  

C'était peut être ma deuxième garde d'urgence chirurgicale

Je ne connaissais rien de rien ,j'essayais de trouver une petite place et des choses à faire, sans entraver le mouvement.

 

Une petite de 2 ans 1/2 est arrivée dans les bras de sa mère : fracture du fémur, en s'étant coincé la jambe dans la rampe d'escalier. C'est la plus petite des 4 enfants de cette mère qui venait des iles, perdue dans la grisaille du nord, la pluie, l'hiver, le HLM.

 

La petite avait quelque chose de bizarre, mais elle ne parlait pas encore, il y avait sa fracture et un ongle avec un " poinçon".

C'est bizarrement, cet ongle avec un poinçon qui a éveillé mon attention.

 

Puis le père est arrivé du travail, la petite voulait se blottir dans ses bras.. elle tendait les bras vers son père (alors que selon le cliché classique, nous aurions imaginé qu'elle était mieux dans les bras de sa mère : une maman c'est tellement bien. ) et elle ne voulait pas rester dans les bras de sa mère

 

A l'époque, on ne parlait pas trop de psychologie de l'enfance maltraitée et de toute façon, je n'avais pas eu les cours de pédiatrie ou de psychiatrie. Je ne savais meme pas que l'on pouvait battre un tout petit comme du plâtre. J'étais une belle oie blanche. On n'en parlait pas non plus à la TV. Il n'y avait pas d'émission sur le sujet.

 

D'ailleurs, je n'avais pas de TV.

 

Comme je n'avais jamais vu de radio de thorax d'enfant, et comme j'avais comme un malaise, j'ai bien regardé...

 

C'était bien symétrique.. Tout était " au point" : les côtes étaient la, bien alignées, chacune avec une petite boule au même endroit.

 

L'interne regarde la radio pulmonaire

 

OK, RAS

 

Alors, j'ose poser ma question "bête", moi qui n'avais jamais vu de radio d'enfant, et peu de radio en général, en tremblant , j'étais morte de trouille..

 

" c'est normal, les petites bosses que l'on voit sur toutes les cotes ?"

 

l'interne a un sursaut.il regarde à nouveau

 

Et Merde dit il, on a failli passer à coté.

 

Enfant battue, toutes les cotes avaient été cassées, lors de fois précedentes., et les petites boules étaient des cals osseux.

 

Le père est tombé des nues; Il était catastrophé. Il bossait dur pour nourrir ses enfants... On ne sait pourquoi, la mère ne s'en prenait qu'à cette petite.

 

Nous en sommes restés " tétanisés " un moment.

Le temps de comprendre ? On ne comprenait pas, je pense...

Remarque je n'ai toujours pas " compris".. et j'espère ne jamais comprendre cela.

 

Ensuite, on m'a raconté l'histoire d'un bébé tout cassé: 21 fractures..

C'est possible.

ENVOYE PAR ANNE

24.08.2009

Merci à T.L.

Ceci a été mis en commentaire… le voici à la une du blog… à vous de donner aide, conseils et soutien à TL

Toutes les personnes qui me racontent leur mauvaise enfance terminent ou me quittent en me souhaitant bon courage!

Oui, confiance et courage à nous tous…

Bonsoir Madame,
si je je vous ecrit ce que j'ai lue votre histoire, j'ai eu mal au coeur car ce terible de sentir que notre prorpe mère ne nous aime pas, ce le méme sentiment que j'ai eu quant je suis venue en France, j'avais 15ans et demi, mes parents etait des etrangers pour moi, ( j'ai vecue chez mes grands-parents paternelles jusqua mes 10ans, ensuite j'ai ete amene de force, par mes parents chez une de mes tantes, elle nous battais moi é ma soeur (8ans) ainsi que mon ptit frere (6ans). En fait ce pas ça le pire car elle etait pa ma mère, elle etait pa oubligée de m'aimer ).
Le pire ce que mes parents m'ont fait du mal, mepris, moqueries, un soir mon pére ma prise par la gorge, é je sentai que il m'etouffai, ma mère disai el fait expres, comme pr l'encourager de continuer à serrer plus fort.
Ce moi qui faisai le menage à la maison, é a manger osi, je faisai ce que je savait, car elle ne ma jamais rien apris niveau cuisine.
Elle ma ouvert un compte, é j'ai acepter de que elle ai une procuration, j'ai commencer par faire des stages, ensuite j'ai eu du travail, de mes 16ans jusqua 23ans je faisai renter de l'argent à la maison, elle ma assurer que elle en metais de cote, pour quant je partirai, et bien quant j'ai quiter la maison à 23ans j'ai eu que 500 Francs.
Ou est passe le reste et bien aucun idée, en plus j'avais mème pa le droit de m'acheter ce que je voulai.
Je pourai raconter plein d'autres choses comme ça, mais la nuit est pa assez longue.

J'ai oublier de vous dire que je suis d'origine Yougoslave, mes parents sont venue en France en 1969 (mon pere) 1971 (ma mère) j'avais 1ans quant elle ma laisser.

JE VOUS SOUXAITE TOUS LE MEILLEUR DANS VOTRE VIE FUTURE, E DANS TOUT CE QUE VOUS ENTREPRENDRAI.

BISOU, T.L.

22.08.2009

Crissy

Crissy (pseudo) m'a demandé de vous raconter son enfance ("vous écrirez mieux que moi… et puis, c'est tellement dur à dire"). Crissy à 62 ans; mariée, à la retraite, deux filles et 4 petites filles –oui, pas de petits fils.

 

Ma fille la plus jeune qui vient souvent me dit sans cesse: maman, tu pourrais sourire quand même; on dirait que tu fait toujours la tête. Mais vous savez, avec l'enfance malheureuse que j'ai eu, j'ai pas envie de rire….

 

"Moi aussi lui dis-je, j'ai commencé à sourire un peu sur mes photographies qu'après l'âge de 25 ans… surtout parce que j'étais souvent photographiée par les médias…"

 

Vous savez ce que sais! quand j'étais enfant, mon père était toujours saoul… toutes les nuits presque il battait ma mère…. vous savez quand vous une gosse toute jeune, cela vous marque de voir votre père tirer votre mère par les cheveux par toute la maison…

"mais, il vous battait?" non mais il criait et insultait tout le monde… c'était tous les jours des hurlements… la nuit, je devais aller chercher les voisins pour qu'ils viennent séparer mes parents…. "vous avez une sœur, elle ne faisait rien?" oui, elle a deux ans de plus mais elle était tellement terrorisée qu'elle restait pétrifiée, sans bouger… C'est toujours moi qui allait chercher les voisins… "et alors?" souvent, il ne battait plus ma mère, il était calme et il disait "quelle menteuse! vous voyez bien qu'il n'y a rien"..

 

"Mais comme la majorité était à 21 ans, vous avez dû le supporter longtemps!" non, non, l'assistante sociale nous a placées ma sœur et moi à 15 ans (placée veut dire mise dans une famille pour être bonne, terme de l'époque). Nous revenions rarement et puis mon père est mort jeune: il était tellement soul qu'il est tombé dans le puit en allant chercher de l'eau.

 

Silence. Alors, on est revenues plus souvent à la maison pour voir notre mère. Mais, c'est elle qui s'est mise à boire et on a été obligés de ne plus trop y aller. Elle est morte dans la déchéance et, c'est vrai qu'on n'a pas fait grand-chose mais, elle non plus, elle ne nous a pas éduquée.. On n'a reçu aucune éducation. Voilà, c'était comme ça à l'époque. Les jeunes d'aujourd'hui, comme ma fille, ils ne peuvent pas comprendre. Vous oui, parce que vous êtes passée par là.

 

Effectivement, nous voilà loin de certains commentaires spécieux mis à la suite de mes notes sur M. Jackson. La plupart des notes ne sont mises que dans l'attente qu'un dialogue ou débat s'engage avec vous. Je regrette que peu de personnes n'aient compris ma vraie démarche. Je recherche à favoriser le dialogue pour nous aider à "sortir" cette foultitude de sentiments qui sont en nous et nous font mal. Je vois bien les mots-clés des recherches, beaucoup de personnes viennent car elles cherchent du réconfort, une méthode, un moyen pour apaiser leur souffrance inextinguible; d'autres viennent pour chercher le moyen d'aider un enfant maltraité…

J'attends des témoignages, j'attends des articles de psy ou de spécialistes en ces domaines. Mais, j'ai l'impression qu'il n'existe rien. On se préoccupe des enfants actuellement maltraités et les anciens, nous, nous ne savons pas comment faire avec ce qui s'agite en nous. Je ne crois pas que l'on doivent, après tant d'années faire une analyse mais je pense que le fait d'en parler entre nous peut éclairer le bouillon noir de nos émotions, je dirais dispersées.

 

10.08.2009

Un courriel de Féfé

Bonjour Madame

J'espère que vous voudrez bien mettre cette note sur votre blog. Je suis la 4e enfant de 8; mes parents étaient des réfugiés espagnols. Les deux aînés égaient deux garçon, puis vient une fille et moi et encore des garçons; par malheur, ma grande sœur, je l'ai à peine connue est décédée d'une maladie infantile. J'étais donc la seule fille. Ma mère préférait ses fils; ils faisaient ce qu'ils voulaient, il arrivait à ma mère de mentrir à mon père: oui, ils cherchent du travail… alors qu'ils restaient au lit jusqu'à midi, puis se levait pour boire l'apéro, jouer aux cartes aux cafés…. et moi, je voyais cela, je partais travailler à 5 heures le matin, j'allais à pied au travail car ma mère me prenait tout mon argent que je touchais en espèce à la fin de la semaine. Elle montrait la poignée de billet: tu vois, ils travaillent.

 

Ils n'ont presque jamais travaillé, ils sont partis se marier, ils ont fait leur vie… et moi, j'ai passé mon enfance à faire tout à la maison car ma mère ne voulait pas se "salir les mains puisqu'elle avait les gosses pour ça; ils doivent apprendre"; en réalité, moi seule apprenait… Mes frères me battaient quand la soupe était longue à venir ou était ceci ou cela. Je me suis fait mettre enceinte pour quitter cet enfer… Ma mère aussi me battais pour que je travaille plus vite… mon père ne voyait rien, il était maçon et était toujours dehors…. il avait les doigts pleins de crevasse du ciment; il est mort jeune…

 

J'ai eu un garçon et une fille et un autre garçon… de temps en temps, je donnais quelques giffles car ils étaient turbulents… on était pas riche… je travaillais, mon mari aussi… je croyais que j'étais une bonne mère… jusqu'au jour où dans la file du cinéma, on attendait de passer à la caisse… ma fille avait 11 ans, et elle était énervée d'attendre dans la rue… du bruit, du monde… elle m'a dit je sais plus quoi mais c'était pas grand-chose, mais cela me vexa et je lui ai donné une giffle… et à côté, il y avait une dame de mon âge et ses deux filles… j'ai vu son expression dans les yeux… elle disait rien… elle regardait moi, ma fille, moi… ses filles qui avaient 5 et 8 ans à peu près étaient terrifiées… elles s'étaient reculées comme si j'allais les battre…

 

et là j'ai eu honte… je me suis rendue compte que je gifflai plus ma ffille que mes garçons.

voilà, j'étais comme ma mère, je préférais les garçons… quelle honte… après, j'ai fait de mon mieux pour ne plus les battres et pas trop crier… je regrette beaucoup… vous savez ma fille est grande; elle est enciente… je vais être grand-maman… il y a longtemps que ma fille m'a pardonnée… je lui ai dis un jour… elle riait… tu a été la meilleure mère du monde, t'en fais pas….

 

les enfants, ils pardonnent si on retrouve le droit chemin… j'ai pas pardonné à mes frères, je leur parle le moins possible… d'ailleurs, je ne vais qu'aux enterrements de famille, je les évite… je crois qu'ils savent pourquoi… un seul me regarde avec arrogance, les autres sont moins fiers…

 

si vous mettez cette histoire, mettez le pseudo de Féfé… merci madame… j'espère que beaucoup de gens auront le courage de raconter… moi, ca fait longtemps que je viens lire ce que vous mettez… je sais que vous aussi, cela a été dur… continuez et courage… je ne vous demanderez plus de mettre de notes… j'ai encore une certaine honte… moi, qui ai été victime avant, j'ai osé… je me suis rattrapée mais moi, je sais au fond de moi que j'ai pas été celle qu'il fallait pendant 11 ans…