03.09.2009
La maltraitance
L'enfant maltraité est celui qui est victime de violence physique, cruauté mentale, abus sexuel, négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique.
En France, chaque année, 75 000 enfants sont victimes de maltraitance, 2 en meurent chaque jour. Près de 80 % des adultes maltraitants ont eux même été maltraités.
Quels sont les différents types de violences ?
Les violences physiques
De toutes les formes de violence, les violences physiques sont celles qui sont le plus facilement repérables, plus facile à identifier.
La maltraitance physique se reconnaît par les traces qu'elle laisse sur l'enfant : hématomes ou ecchymoses, brûlures, morsures, griffures, fractures…
Les négligences lourdes
Les enfants doivent être nourris, ont besoin de soins, d'hygiène, de surveillance et de protection de la part des adultes et qui ne reçoivent pas ou pas suffisamment les soins indispensables à leur survie et à leur bien être, sont victimes de maltraitance. Les négligences lourdes représentent environ un tiers des cas de maltraitance sur enfants en France.
Les violences psychologiques
Les agressions verbales, les dévalorisations systématiques, les injures, les comportements sadiques et pervers, des manifestations de rejet, punitions excessives, les humiliations concernant leur niveau scolaire, leur apparence, leur physique, leurs capacités intellectuelles, tout ce qui remet en cause l'intégralité d'un enfant font partie des violences psychologiques
Les violences sexuelles
L'inceste, le viol, l'attentat à la pudeur, l'utilisation des enfants à des fins pornographiques ou de prostitution sont des sévices les plus fréquents dans le proche milieu familial mais peut être imposé par un tiers (enseignant, prêtre, secte…).
Qui sont les auteurs de maltraitance ?
La violence dont est victime l'enfant maltraité est principalement exercée par une personne de son entourage familier (membres de la famille) ou des adultes ayant la charge des enfants (éducateur, instituteur, personnel soignant, famille d'accueil…). Les sectes représentent aussi un risque majeur pour les enfants. Tous le milieux sociaux sont concernés. Une profonde mésestime de soi, sentiment de vide, manque de confiance, constituent un trait commun.
Les facteurs de risques
Les carences éducatives sont les premiers facteurs de risques, viennent ensuite les conflits et séparations familiales, les problèmes psychopathologiques des parents (alcool, drogue, problèmes de santé…). Le chômage, la précarité, les difficultés financières, le logement inadéquat créent des conditions de vie défavorables et représentent également un signal d'alerte.
Que dit la loi ?
Pour les professionnels, assistantes sociales, éducateurs, médecins, instituteurs astreintes au secret professionnel doivent toujours faire part des mauvais traitements à l'égard des mineurs de moins de 15 ans. La révélation du secret dans ce cas est levée (article 226-14 du Code pénal).
Dans tous les cas, toute personne ayant connaissance de l'existence d'un enfant maltraité ou supposé l'être doit aviser les autorités médicales, judicaires ou administratives. Ne pas le faire serait tomber sous la coupe de la non assistance à personne en danger (article 443-3 du Code pénal).
La parole des enfants
L'enfant maltraité est silencieux, il se protège en gardant sous silence les violences qu'il subies. Il faut s'attacher à écouter la parole de l'enfant.
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10.04.2009
Petit résumé rapide
La maltraitance est:
1. Physique
2. Sexuel
3. Psychologique
Normalement, les enfants qui sont bien traités sont bien nourris, ne manquent pas de soin et ont bonnes relations avec leurs parents, dans le respect mutuel.
Il y a quelques signes de maltraitance lorsque
1. Il y a changement de comportement, par exemple si avant les enfants sont heureux, après la maltraitance ils sont presque toujours tristes
2. Les enfants ont des changements d’attitude comme tirer leurs cheveux
3. Il y a le changement d’habitude, par exemple si avant la maltraitance les enfants mangeaient beaucoup, après la maltraitance les enfants mangent bien moins
Pour la maltraitance sexuelle et physique, quelques pères abusent de leurs enfants en répétition, par exemple frapper leurs enfants plusieurs fois. Mais le problème est que les enfants ne disent rien car les coupables sont les personnes de leur famille. L’UNICEF a été créé après la deuxième guerre mondiale en 1945 pour traiter les enfants contre la maladie et donner l’éducation pour les filles, par exemple:
1. Aider les petites filles en éducation dans certains pays dans lesquels elles doivent travailler, par exemple elles doivent transporter l’eau
2. Faire les vaccinations contre la maladie
3. Protéger les enfants travailleurs ou soldats. Aujourd’hui il y a au moins 250 millions d'enfants travailleurs dans le monde entier.
4. Protéger la santé des nouveaux-nés
5. Lutter contre VIH/SIDA
En 1986, les Nations Unies ont adopté la convention pour protéger les enfants dans la vie économique, sociale et civile. 200 pays qui ont ratifié cette convention. Seulement deux pays ont refusé de la ratifier: les États-Unis et la Somalie. Cela semble extravagant que les Etats-Unis n'aient pas signé cette convention; en Somalie, il y a la guerre civile. Ceci explique cela.
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22.01.2009
Bébés maltraités, mères désemparées
«La mort cachée des bébés»… Cécile Daumas enquête dans Libération du 13 janvier sur la mort violente des nourrissons de moins d’un an.
Un rapport de l’Inserm recense le décès d’une vingtaine de bébés de moins d’un an du fait de mauvais traitements de leurs parents. Mais ce chiffre, selon la pédiatre Anne Tursz, elle-même directrice de recherche à l’Inserm serait sous-estimé, peut-être même à multiplier par 10 ; c’est ce qu’elle évoque dans un ouvrage très documenté sur la question, Enfants maltraités (ed. Lavoisier).
La lecture des données sur la maltraitance infantile met souvent en avant les conditions socio-économiques. On voit ainsi se dessiner des descriptions dignes de Zola : classe sociale défavorisée, absence de ressources, chômage, logements exigus et surpeuplés, déracinement, isolement, conflits conjugaux, «mères célibataires», enfants de «plusieurs lits», nourrices clandestines, éthylisme, débilité mentale ou troubles psychiatriques chez les parents… bref tout ce qui renoue avec les images de «fléau social».
Mais ce n’est pas toujours le cas, et il est des situations où tout paraît «normal» aux enquêteurs, qui font état de «mères jeunes, jolies et charmantes dans des intérieurs bien tenus et avenants»… Il faut bien sûr différencier les enfants tués ou battus ouvertement et consciemment avec une volonté délibérée de les éliminer et tout ce qui correspondrait davantage à un «meurtre inconscient» par négligence : laisser le bébé en situation de danger seul sur une table à langer ou à proximité d’un animal, l’exposer au froid ou un objet brûlant, lui faire ingérer par erreur un produit toxique, se tromper de médicament… ces actes sont moins facilement recensés. Certes, l’erreur est humaine et il ne s’agit pas de stigmatiser les parents en leur demandant d’être parfaits, mais la multiplication de tels actes ne peut qu’interroger… Toutes les situations sont bien sûr différentes. Les maltraitances peuvent être le fruit de mères très fragiles psychologiquement, ou qui traversent un épisode dépressif grave. Dans certains cas, elles sont seules, ou le père les a quittées, elles ont peur de l’avenir ou des réactions de leur entourage.
Il est également des femmes qui n’avaient pas réellement de désir d’enfant, mais plutôt un désir de grossesse, pour vivre cet état de plénitude ou de réassurance sur leur capacité d’être féconde.
D’autres ont tellement imaginé, fantasmé un nourrisson merveilleux qui allait entièrement les combler que la confrontation avec un bébé réel qui pleure, crie et ne dort pas la nuit est insupportable. Ceci peut être particulièrement vrai aujourd’hui au moment où l’enfant est considéré comme l’objectif le plus précieux de la vie. Elles ne parviennent pas à combler le fossé entre l’enfant imaginaire qu’elles avaient construit dans leur tête et l’enfant réel dont elles trouvent les pleurs et les agissements incompréhensibles. Elles se sentent incapables de répondre, elles ne sentent pas ce fameux «instinct maternel» dont on leur a rebattu les oreilles et elles éprouvent une intense culpabilité.
Il y a aussi des mères qui vivent très mal la séparation physique des corps, elles ressentent une sensation de vide corporel ou de vide affectif, se sentent seules avec le bébé alors qu’elles se sentaient entourées et admirées pendant leur grossesse.
La maternité ne va pas toujours de soi, et des affaires spectaculaires comme celles des «bébés congelés» ne sont pas les seules à le souligner. Tant de mères désemparées, déprimées, se sentant dans une solitude terrible face à un enfant qu’elles ne comprennent pas et qui les persécutent, un enfant qui les détruit, un enfant qu’elles veulent à la fois chérir et abandonner sont là pour en témoigner.
Une de mes patientes, elle-même battue, humiliée et martyrisée par sa mère lorsqu’elle était petite, s’est sentie retrouver le goût de vivre à la naissance de son premier enfant. L’amour inconditionnel qu’elle lui portait, l’enchantement du quotidien auprès de ce bébé merveilleux lui permettaient de restaurer peu à peu une estime d’elle-même fortement endommagée par son enfance bafouée. Et pourtant elle se sent un jour être envahie par une bouffée de haine vis-à-vis du nourrisson. Sans pouvoir se maîtriser, elle jette violemment son bébé sur un lit. L’enfant pleure, elle le console, et dès que les pleurs cessent, elle recommence, et la scène se reproduit, deux fois, trois fois, dix fois… elle a l’impression de devenir folle. L’enfant terrorisé pousse des hurlements. Enfin, par miracle, elle s’effondre en sanglots et se calme, et elle calme son bébé qui finit par s’endormir. Cette scène ne se reproduira jamais plus. Elle a exorcisé son enfance martyre.
Mais d’autres mères ne parviennent pas à s’arrêter et la maltraitance se poursuit.
Ma collègue et amie Sophie Marinopoulos s’est longuement penchée sur ce désarroi dans ses ouvrages, notamment le dernier, La Vie ordinaire d’une mère meurtrière (ed. Fayard). Quant on assiste au procès d’une mère infanticide, on voit comment sont imbriqués dans le débat les actes de la femme accusée et nos représentations, le plus souvent idéalisées de la maternité. La maîtrise scientifique de la maternité finit par faire oublier la part de soi qui échappe, l’histoire, la vie psychique, l’inconscient, cette zone inaccessible, infantile, oubliée, refoulée où bien des drames se trament à notre insu.
Bien sûr, le lien mère-enfant est un lien d’amour, mais ce sentiment est d’une telle complexité ! il est aussi fait de violence, de rejet, de terreur ou de haine. Mettre au monde un enfant vient toujours réveiller l’enfant que l’on a été et les parents que nous hébergeons au plus profond de nous.
Du reste, les maltraitances ne sont pas, loin de là, du seul fait des mères. Les pères sont plus souvent impliqués dans les coups, les mauvais traitements tels que les «bébés secoués» qui meurent du fait d’un hématome sous-dural. Il s’agit souvent de pères surmenés, stressés, dépressifs, qui connaissent des difficultés professionnelles, ou qui sont au chômage. D’autres ne supportent pas l’intimité entre l’enfant et sa mère, sont inconsciemment jaloux de l’enfant, redoutent l’éloignement de leur compagne.
Ou alors existe une situation de conflit conjugal intense, voire de séparation, et ces pères sont animés par un désir de vengeance.
Parfois ce sont des parents immatures qui alimentent leur passion en se liguant contre l’enfant qui devient un bouc émissaire.
Compte tenu de la fragilité des couples aujourd’hui et des relations passionnelles qui s’y déroulent, l’enfant devient vite un enjeu dans la relation de ses parents.
Tout ceci pour souligner à quel point il est important de rappeler aux parents, et surtout aux mères, qu’ils ont le droit d’éprouver vis à vis de leur enfant des sentiments contradictoires et pas perpétuellement angéliques. Répéter à l’envi qu’une mère doit aimer son enfant et que l’instinct maternel va de soi ne fait qu’aggraver le risque de voir certaines d’entre elles s’effondrer en se sentant incapable.
La maternité, la paternité, ne sont pas des performances…
• Serge Hefez •
http://familles.blogs.liberation.fr:80/hefez/2009/01/la-m...
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16.01.2009
Maltraitance, en France, sous estimée
L'ampleur de la maltraitance des enfants est sous-estimée en France: elle pourrait concerner au moins un enfant sur cent et même beaucoup plus, selon une pédiatre épidémiologiste de l'Inserm, coauteur d'un ouvrage dressant un bilan inquiétant. En fait, "avec quelque onze millions d'enfants de moins de quinze ans, la France compterait au moins 100.000 enfants maltraités physiquement, estime auprès de l'AFP Anne Tursz, directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche (Inserm).
Si on adoptait une définition aussi large de la maltraitance que celle retenue dans une publication récente de la revue médicale The Lancet, il est probable, dit-elle, qu'on pourrait, en France également, parler de 10% d'enfants de moins de 15 ans victimes de violences physiques, psychologiques, sexuelles, de négligences ou de situation de risque pour la sécurité, la moralité, l'éducation, la santé. C'est là toute la différence que les professionnels français font entre deux notions: l'enfant maltraité, l'enfant en danger.
Cosigné de Pascale Gerbouin-Rérolle (Inserm), le livre "Enfants maltraités" (éditions Lavoisier, 220 pages, 49 euros) dresse un premier bilan de l'ampleur du problème en France.
"Entre 1996 et 2006, les mauvais traitements à enfants de moins de 15 ans recensés par la gendarmerie et la police ont plus que doublé" (de 6.000 à 13.500 cas), poursuit Anne Tursz.
Les viols sur mineurs représentent 55% de l'ensemble des viols, tandis que pour les agressions sexuelles, les mineurs comptent pour 63% des cas. "Globalement, les perpétrateurs des mauvais traitements appartiennent essentiellement à la famille (parents naturels)", dit-elle. Et "contrairement aux idées reçues, la maltraitance envers les enfants n'est pas cantonnée aux populations précaires, mais reste indépendante du niveau socio-économique et touche donc aussi les classes aisées", relève-t-elle.
"Le taux d'homicide le plus élevé de tous les âges de la vie concerne les enfants de moins d'un an. En 1993 (dernière année où les statistiques de la police et la gendarmerie nationales donnaient des chiffres séparés pour les nourrissons de moins d'un an) ceux-ci représentaient 1,2 % de la population française et 3,8% des homicides", indique Anne Tursz.
En 2005, ces chiffres étaient respectivement de 1,3% et 2,5% pour les statistiques de mortalité du CépiDc de l'Inserm (dont les chiffres d'homicides sont toujours inférieurs d'environ 30% à ceux de la police et de la gendarmerie). La sous-estimation des homicides de nourrissons de moins d'un an est telle qu'elle peut être corrigée en multipliant les chiffres officiels par un chiffre de 3 à 10, selon l'auteur.
"Dans les affaires graves d'homicides, les pères sont majoritairement responsables du décès lié au secouement du bébé alors qu'en cas d'infanticide à la naissance ("néonaticide") perpétré par la mère, le père est exceptionnellement inquiété et accusé de complicité ou de refus de dénonciation de crime, même quand il est là quand sa femme accouche dans les toilettes et qu'il voit le petit corps", constate la chercheuse. Les auteurs pointent l'absence de statistiques provenant des urgences hospitalières, pourtant principal lieu d'accueil des enfants victimes de mauvais traitements, et les carences de données provenant des médecins libéraux, pédiatres et généralistes.
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04.12.2008
selon une étude anglaise
Environ 10% des enfants seraient maltraités dans les pays riches
Il y a 23 heures
LONDRES (AFP) — Près d'un enfant sur dix habitant dans un pays à revenus élevés subirait chaque année une forme où une autre de mauvais traitements, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet.
La maltraitance des enfants "est un problème de santé publique beaucoup plus important que ce qu'il paraît", relève Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet qui consacre son édition de décembre à ce sujet.
Selon le professeur Ruth Gilbert de l'University College de Londres, environ un enfant sur dix subit chaque année une forme de mauvais traitements (maltraitance physique, maltraitance psychologique, négligence, abus sexuel). Mais l'étude souligne que les chiffres officiels étaient beaucoup plus bas, entre seulement 1,5 et 5%.
Pour le seul Royaume-Uni, cela concernerait environ un million d'enfants. Des chercheurs d'universités du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont compilé différentes études réalisées dans des pays à revenus élevés (Europe de l'ouest, Amérique du nord, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon) en interrogeant des personnes pour savoir si elles ont souffert de maltraitance ainsi que des parents pour connaître leurs méthodes disciplinaires.
"La conclusion importante est que, tout en restant prudent, il y a un nombre très élevé d'enfants... qui sont exposés à ces très graves expériences de l'enfance qui ne sont pas sans conséquences", a expliqué Cathy Widom, professeur à la City University de New York, lors d'une conférence de presse à Londres.
N'oubliez pas !
Malgré blogvital, je vous invite à soutenir l'AFM-Téléthon.
Tout d'abord parce que l'AFM a besoin de l'aide de chacun pour continuer à lutter sur tous les fronts, médical, social et politique et faire que les efforts engagés en faveur des maladies rares se poursuivent.
D'autre part, l'AFM soutient des projets qui améliorent le quotidien des personnes à mobilité réduite, c'est d'ailleurs grâce à l'AFM que l'association Jaccede -site qui vous donne les lieux accessibles dans votre ville- a pu voir le jour !
Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.telethon.fr
Et pour poser vos questions en direct, rendez-vous jeudi 4 décembre 2008, de 20h30 à 21h30 sur
dans l'émission « On dit que... »
Deux invités vous répondent :
- Laurence Tiennot-Herment (Présidente de l'AFM)
- Serge Braun (Directeur scientifique de l'AFM)
Pour poser vos questions dès maintenant :
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05.11.2008
Mort de Marc - La perpétuité requise pour le beau-père et la mère
Le premier est jugé devant les assises du Nord pour actes de torture et barbarie ayant entraîné la mort du garçon de 5 ans, la seconde pour complicité.
Trois ans de prison avec sursis et 75.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre de deux médecins accusés de non-assistance à personne en danger.
- le 04/11/2008 - 21h17
L'avocat général a requis mardi devant les assises du Nord la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de David da Costa, accusé d'actes de torture et barbarie ayant entraîné la mort du petit Marc, 5 ans, ainsi qu'à l'encontre de la mère de l'enfant Isabelle Gosselin, pour complicité. Il a demandé trois ans de prison avec sursis à l'encontre de deux médecins accusés de non-assistance à personne en danger assortis de 75.000 euros d'amende.
Au début de son réquisitoire, l'avocat général, Luc Frémiot, a demandé que ce procès soit "exemplaire", pour "que plus jamais cela ne recommence". "Messieurs et Mesdames, écoutez le procès du silence où coexistent les aveugles les sourd et les muets, c'est la grande messe judiciaire d'un petit garçon mort d'avoir été oublié", a-t-il ajouté.
"Si vous aviez fait le minimum syndical"
A David da Costa, 38 ans, beau-père de Marc, il lance: "Vous êtes un tueur, c'est une violence qui ricoche à l'infini et qui s'est arrêtée sur un enfant de 5 ans". Puis, évoquant Isabelle Gosselin, 35 ans, la mère de l'enfant, il dit "qu'il n'existe pas de mots pour la qualifier". Le réquisitoire a été accablant pour les deux médecins accusés de non-assistance à personne en danger, qualifiés d'"irresponsables". Vis-à-vis du docteur Christian Tirloy, 66 ans, à la retraite aujourd'hui, l'avocat général a fustigé une attitude désinvolte : "On se dit que si vous aviez fait le minimum syndical, Marc serait encore là". Quant au docteur Michel Vellemans, 56 ans qui avait effectué 63 consultations dans l'après-midi du 17 janvier, il est pour Me Frémiot "soit un praticien dangereux soit un menteur, un escroc et un falsificateur". Il faisait allusion à l'éventualité que le médecin ait rédigé un certificat sans voir l'enfant.
L'avocat général a requis également trois ans avec sursis à l'encontre des grands-parents maternels de l'enfant et de deux membres de la famille du principal accusé. Il a demandé deux ans avec sursis contre une assistante maternelle, amie de la mère.
Pour Me Frémiot, tous "savaient parfaitement depuis le départ ce qui se passait". Il a requis un an de sursis de moins à l'encontre de l'assistante maternelle parce qu'elle est "la seule à l'avoir serré dans ses bras", mais "elle n'a rien fait non plus". Victime de coups et sévices répétés - plaies jusqu'aux testicules, côtes fracturées, hématomes, douches froides -, Marc était mort au domicile parental le 25 janvier 2006 à Auby, dans le Nord. Le verdict est attendu jeudi.
(D'après agence)

Le petit Marc
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04.11.2008
Syndrome des enfants battus ou victimes de sévices
ou SYNDROME DE SILVERMAN
Le radiologue et pédiatre américain Silverman a décrit en 1953 des signes radiologiques en rapport avec des fractures négligées et d'âges différents chez le jeune enfant. Par abus de langage, on appelle "syndrome de Silverman", le syndrome des enfants battus. Les statistiques hospitalières montrent que les sévices à enfants représentent 0,5% des hospitalisations en pédiatrie. Selon Deschamps, un enfant de moins de 6 ans sur 150 est victime chaque année de sévices plus ou moins grave, soit 30 000 enfants par an en France...
Les signes cliniques sont caractéristiques et parmi les multiples lésions possibles, on voit des ecchymoses et des hématomes de formes diverses et de topographie insolite évoquant des boucles de ceinture, des traces de fouet, de bâton, de courroie, de tisonnier, de bagues, de griffures ou de morsures.
Ces hémorragies cutanées et sous-cutanées sont à différents stades : bleu, vert et jaune indiquant que les coups se sont succédés à des dates différentes. Imputer ces stigmates à un seul traumatisme accidentel est donc un mensonge facile à reconnaître. On peut constater des traces de brûlures par allumettes, cigarettes ou liquides bouillants. Une alopécie (perte de cheveux) en clairière traduit l'arrachement brutal des cheveux. Les déchirures des gencives faites en enfonçant brutalement le biberon dans la bouche ne sont pas rares. Les lésions des organes génitaux sont fréquentes. Les commentaires des parents pour expliquer ces lésions sont bien souvent évasifs, embarrassés, fallacieux, contradictoires. Tantôt, ils se réfugient dans le mutisme, tantôt ils inventent des explications aberrantes: le nourrisson est tombé dans les escaliers, il a tendance à faire des ecchymoses, il y a une prédisposition à la fragilité osseuse dans la famille etc... Ils peuvent aussi inventer d'étranges accès pendant lesquels l'enfant aurait poussé des cris stridents et serait devenu livide ou tout mou.
Une telle histoire risque d'orienter le médecin vers une "mort subite récupérée" ou une convulsion et imposer un certain nombre d'examens complémentaires inutiles... La séparation momentanée de l'enfant du milieu familial sera cependant bénéfique...! L'enfant maltraité est habituellement, mais pas toujours, sale, négligé, parasité. Il est fréquemment habillé de loques. L'érythème fessier érosif et papuleux témoigne d'un manque d'hygiène patent.
Des troubles de l'état général sont souvent associés : hypotrophie staturo-pondérale liée à la sous-alimentation et au manque d'affection et de stimulation, malnutrition, rachitisme, anémie hypochrome.
C'est surtout dans les classes sociales les plus défavorisées que se recrutent la plupart des enfants martyrisés. L'insuffisance de ressources, le chômage, les logements exigus et surpeuplés, le déracinement, l'isolement au sein du groupe social sont souvent retrouvés. L'instabilité des relations conjugales, les mères célibataires, les concubinages successifs avec enfants de plusieurs lits, la multiplicité des hospitalisations et des placements d'enfants, les nourrices clandestines de mauvaise qualité, l'éthylisme chronique, la débilité mentale, les anomalies de la personnalité des parents sont des éléments importants dans la genèse de ce fléau.
Ce n'est toutefois pas toujours le cas et on observe parfois ce syndrome chez des enfants paraissant en bon état général. Parfois, et ces cas sont plus difficiles à reconnaître, et plus troublants, les parents se masquent derrière une façade où tout paraît normal : conditions socio-économiques, structure familiale, comportement. Certaines enquêtes sociales font état de "mères jeunes, jolies et aimables", d'intérieurs bien tenus et avenants, de "familles charmantes, habitant dans un logement propre et soigné".
Le terme de "sévices à enfants" regroupe en réalité plusieurs faits. Il y a les enfants battus et parfois gravement blessés, les sévices mineurs mais répétés, les manipulations brutales mais aussi les "sévices sans coups", c'est-à-dire les négligences dans les soins de première nécessité (alimentation, hygiène etc.), les sévices moraux ou psychologiques, les carences affectives, les abus sexuels etc., en fait tous les cas où l'adulte est amené à exercer des actes de violence physique ou mentale sur son enfant ou l'enfant d'un autre.
On tend à rapprocher de ces cas, les violences institutionnelles qui passent inaperçues: la séparation d'un enfant de sa famille par les services sociaux quel qu'en soit le motif, le fait de considérer comme déficient mental un enfant échouant à l'école pour des raisons socio-économiques et culturelles, les règlements sévères de certaines institutions, l'endoctrinement politique et religieux, les carences affectives dans des établissements médico-pédagogiques ou les maisons familiales, les scandales, complaisamment étalés dans une presse avide, relevés dans certaines maisons d'enfants où les moniteurs ou les directeurs ont des personnalités franchement pathologiques, l'exploitation des enfants à des fins pornographiques, le tourisme sexuel (enfants de Bangkok...) etc.
Il est exceptionnel que des parents amènent leur enfant blessé à l'hôpital en disant :"Voilà, je l'ai frappé un peu fort et depuis il ne marche plus..."! Cela arrive néanmoins surtout lorsqu'il s'agit de parents apparemment heureux d'avoir un enfant mais qui ont, l'espace d'un instant, perdu leur sang-froid devant une bêtise plus ou moins vénielle...
Parfois, ce sont les services sociaux prévenus par un voisin, un membre de la famille, une nourrice etc... qui font faire une enquête et découvrent un enfant maltraité, hypotrophique, sale, couvert d'excréments, abandonné sans soins, sans nourriture, faible au fond d'un placard ou d'une cave. Les quotidiens à sensation ne manquent pas d'étaler ces drames, photos à l'appui. L'enfant est alors hospitalisé pour bilan et remis sur pied tandis que l'action judiciaire se poursuit et qu'un avenir de placements divers s'ouvre à l'enfant.
Il existe des cas où un seul enfant est électivement victime de mauvais traitements alors que ses frères et sœurs sont traités normalement et le resteront même si le "souffre-douleur", objet de l'agressivité sélective, est retiré à la famille.
L'attitude indifférente ou impatiente des parents envers l'enfant est déjà un élément de suspicion surtout lorsqu'ils l'accusent de sentiments méchants, sournois ou pervers. La répétition des mêmes accidents chez un même enfant oriente également le médecin qui aura pu laisser passer une première explication plus ou moins plausible. La disparition des troubles, l'amélioration de l'état nutritionnel à l'hôpital, cet "hospitalisme à l'envers" sont très suggestifs d'autant qu'on constate des récidives dès que l'enfant retourne chez lui.
Le comportement de l'enfant battu est particulier. Il peut être triste, apathique, terrorisé, esquivant des gestes de défense à chaque tentative d'approche ou bien, au contraire, trop facile, trop doux, s'attachant indistinctement à toute personne entrant en contact avec lui.
Parfois, l'enfant, hébété, ne manifeste aucun intérêt pour l'entourage ; il ne sait ni rire ni pleurer. Les troubles de l'appétit sont fréquents : boulimie ou anorexie. Il peut avoir l'apparence d'un arriéré mental.
L'accent est porté actuellement sur le dépistage des situations à risque dans le cycle de la vie familiale : divorce, survenue d'une naissance non désirée, retour dans sa famille d'un enfant placé, déménagement, perte d'emploi, problème psychiatrique aigu, crise familiale etc. et des lieux de rencontre et d'écoute pour les parents désemparés sont mis en place : "SOS, Parents anonymes" etc.
Les radiographies du squelette mettent en évidence de multiples fractures négligées et d'âges différents. Les clichés montrent souvent le décollement du périoste des os. Ces décollements périostés sont assez évocateurs. De graves complications viscérales doivent être dépistées telles que des ruptures de rate (échographie de l'abdomen) ou des hématomes sous-duraux. L'hématome sous-dural, épanchement sanguin entre le cerveau et la boîte crânienne, est secondaire à un coup porté sur la tête. Il est parfois mortel
Conduite à tenir
Encore de nos jours, un comportement prévaut chez certaines personnes qui consiste à dire : "Il ne faut pas se mêler des affaires des autres!". C'est ainsi que des cas graves d'enfants maltraités, plus ou moins connus ou soupçonnés par l'entourage immédiat, sont dépistés trop tardivement. Toute personne ayant constaté des sévices doit alerter la D.D.A.S.S. ou le juge des enfants.
Le traitement est très difficile car il ne s'agit pas tant de "châtier" les parents que de les aider à surmonter leurs problèmes afin qu'ils puissent assurer à l'enfant un milieu familial favorable à leur développement. Les parents responsables de sévices peuvent être condamnés par le tribunal correctionnel ou la cour d'assises à des peines d'amende ou de prison, assorties ou non de sursis. La déchéance de la puissance parentale, la tutelle aux allocations familiales couplée à des mesures d'assistance éducative sont d'autres solutions possibles.
Les mesures de protection de l'enfance en danger sont variées :
Programme d'assistance préventive à domicile ;
Maintien de l'enfant dans sa famille avec une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) ;
Remise du mineur à un parent ou à une personne digne de confiance, à un établissement d'enseignement, d'éducation, de rééducation, de soins ou de cure.
Poursuivre les parents devant la Justice ne résout pas leurs problèmes, pas plus d'ailleurs que ceux de l'enfant maltraité. Retirer l'enfant du milieu familial sans apporter aucun soutien aux parents, c'est les inviter à en maltraiter un autre. Les parents doivent être protégés d'eux-mêmes et pour la plupart des spécialistes, le comportement agressif de ces parents est un cri d'alarme, un signe de détresse, auquel la société se doit de répondre. L'aide doit être personnalisée, durable, positive, ferme mais non moralisatrice, plus éducative que répressive.
Les juges pour enfants éprouvent de grandes difficultés en matière de sévices sur les enfants. Ils doivent parfois prendre des décisions urgentes sans avoir eu le temps de réunir tous les éléments d'information. Ils doivent réagir aux multiples pressions des voisins, de la directrice d'école, des autorités municipales, de la presse etc. qui ne voient pas d'autres solutions que le retrait immédiat de l'enfant. Ils doivent également savoir contrôler leurs propres réactions et leur désir de se rassurer par un placement sécurisant.
La prévention repose sur l'amélioration des conditions de logement, la lutte contre l'alcoolisme, la contraception qui évite les grossesses non désirées, l'interruption volontaire de grossesse, l'amélioration des structures d'aide sociale.
C'est poser là un problème social, politique et économique qui déborde largement le cadre strictement médical.
L'avenir des enfants maltraités
Les récidives après hospitalisation sont de 60%. Les séquelles sont nombreuses. Elles peuvent être physiques ou psychologiques. Les études ont retrouvé, chez les enfants victimes de sévices revus plusieurs années après, de nombreux problèmes psychologiques : d'importantes difficultés affectives avec anxiété, crainte de rejet, instabilité, troubles du sommeil, colères violentes, agressivité, opposition, retard de langage, énurésie, encoprésie etc...
Souvent, ces enfants, devenus parents à leur tour, vont faire subir à leur progéniture, par fatalisme social, éducatif et psychologique, le même type d'éducation, faite de coups et de brutalités.
Allô Enfance maltraitée
Téléphone 119 (appel gratuit)
LIVRES:
Tyrode Y.: L'enfance maltraitée.
Coll.: Vivre et Comprendre. Editions Ellipses, Paris, 1999
Grafeille N. et J.-M. : La pédophilie.
Coll.: Vivre et Comprendre. Editions Ellipses, Paris, 1999
Retrouvez cet article sur:
http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_596_syndrome_silverman.htm
Autre association qui aide les enfants dans le monde
http://www.emdh.org/website/emdhwebsite/droits_de_l_enfant/enfance.html?gclid=CMaykNvn25YCFQQPuwod71qU2w
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