27.02.2009

Une femme de 46 ans condamnée pour maltraitance sur son fils handicapé

Mercredi 25.02.2009, 04:51 - La Voix du Nord

Victime de maltraitance, un enfant d'une dizaine d'années, placé la semaine dans un institut médico-éducatif, rentrait chez lui chaque week-end, dans le secteur de Beaumetz-les-Loges, « la boule au ventre ». Sa mère, entendue par le tribunal correctionnel, hier, a été condamnée.

 

C'est au retour d'un week-end, passé dans le foyer familial, que l'institut médico-éducatif (IME) qui a en charge le jeune garçon, handicapé mental et hyperactif âgé de 12 ans, constate plusieurs hématomes sur son corps. Le signalement entraîne une enquête, et la mère est placée en garde à vue. Le père est également entendu, ainsi que les deux autres enfants du couple.

Le 13 décembre, mari et femme laissent leurs trois enfants (13 ans, 12 ans et 6 ans) seuls au domicile, le temps de faire les courses. Lorsqu'ils rentrent, le fils de 12 ans avoue avoir sauté sur son lit, et défait quelques lattes. Alors que le père répare, la mère assène plusieurs coups de pied et de poings au garçon. À la barre, si elle concède que «  la bêtise ne mérite pas les coups portés », la femme s'enferme dans le déni. « Je l'ai disputé. Mais c'était pas de la méchanceté. Il fait tout le temps des bêtises », balbutie-t-elle.

Les faits qui lui sont reprochés sont graves. Sommé de ne pas parler à sa mère ou de la regarder, enfermé dans sa chambre régulièrement, privé parfois de nourriture, de chauffage, de certains vêtements... Le handicap du garçon exaspère sa mère. «  Elle met un vase entre eux à table, pour ne plus le voir. La dernière fois qu'elle lui a fait un câlin, il avait 8 ans », confirme la soeur aînée. «  Papa aime mon frère. Maman ne l'aime pas comme ma soeur », témoigne le plus jeune. « J'ai essayé d'en parler avec elle, dira le père. Mais c'est difficile. C'est son passé qui ressurgit. Elle vit le handicap de son fils comme un échec. Elle n'a pas les mêmes sentiments pour lui ». Elle aurait, en effet, subi des violences dans son enfance, sa maman reportant toute son attention sur ses trois fils handicapés.

«  Heureusement qu'il y a eu un signalement car je ne sais pas comment ç'aurait pu se terminer », soutient l'avocat de la partie civile, Me Osseyran. «  L'enfant espère toujours l'amour de ses parents  », ajoutera-t-il. La procureure, Mme Bozzolo se dit « effarée », malgré la prise en charge de la mère par un psychiatre depuis peu. «  Même si je me dis que la barre aurait été assez large pour deux aujourd'hui, c'est vous l'auteure principale des maltraitances. Croyez-vous que c'est en niant vos difficultés, que vous allez récupérer votre fils ? », Enchaîne-t-elle en réclamant six mois de prison ferme. Face aux faits dénoncés, M e Scaillerez, l'avocate de la défense, a plaidé pour une peine limitée à du sursis mise à l'épreuve : «  C'est difficile pour des parents de s'occuper d'un enfant handicapé. Elle a un problème de rejet et elle est dans le déni. Elle a de l'amour, mais n'arrive pas à en donner. C'est un drame pour tout le monde et elle ne sait pas comment s'en sortir  ». «  Je veux revoir mon fils à la maison », conclura la mère, entre deux sanglots. En vain. Elle a été condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans. Elle devra également indemniser, à hauteur de 1 200 E, son fils, aujourd'hui placé en IME la semaine et en famille d'accueil le week-end. •

ÉLODIE ADJOUDJ

 

Il y a, depuis plus d'une semaine une vingtaine de visites par jour; apparemment, certaines personnes ne veulent pas que ce blog disparaisse!

19.02.2009

Je l'ai connu dans la même histoire...

J'ai eu l'occasion de prendre un taxi toulousain et je me suis trouvé face à un visage que j'ai cru reconnaître. J'ai donc engagé la conversation pour que nous trouvions à quel endroit nous nous sommes vus ou connus. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes mes tentatives furent vaines: telle école, tel quartier. Que nenni! Il m'a raconté son enfance et j'ai convenu qu'il était totalement impossible que nous nous soyons rencontrés. Par hasard, il m'a transportée à 5 ou six reprises bien que je n'ai jamais demandé à ce que ce soit lui plutôt qu'un autre qui accède à ma demande de transport; ils sont une dizaine de chauffeurs dans la société. Comme nous n'avons que quelques mois de différence, nous avons fini par sympathiser, nous nous sommes tutoyés.

 

Puis, hier soir, en regardant Delarue sur FR2, j'ai compris: nous nous sommes rencontrés dans la même histoire. Un peu étrange comme explication? En réalité, il était sur le plateau de Ca se discute, en compagnie de son frère, plus jeune de 10 mois, d'après ce que j'ai entendu dire. On avait évoqué ce frère en parlant de nos familles respectives, mais c'était entre autres choses. J'avais parlé de ma famille. Moi aussi, j'ai un frère plus grand. Sur le plateau il a crié sa colère et sa frustration: il a dit qu'il ne pouvait pardonner à ses parents le mal qu'ils leur avaient fait. Mais, surtout, il ne cessait de proclamer combien il se sentait coupable de les avoir laissés martyriser son frère, (j'ai dit qu'ils n'avaient que 10 mois de différence) et son frère lui a répliqué avec autant de force: cela fait des années que je te dis de ne pas culpabiliser, tu n'étais pas coupable, je t'ai pardonné et je t'aime".

 

Pourquoi avons-nous la même histoire? Simplement parce que mon frère est âgé tout juste d'un an de plus que moi. Lui aussi, il ne m'a pas protégée. Mais lui, il ne m'adresse plus la parole depuis 1974, pour des raisons obscures qui lui sont personnelles et qui n'ont rien à voir avec nos relations fraternelles. Quand j'étais battue, ce n'était pas lui. Tant mieux. Mon frère est égoïste. Il ne demandera jamais pardon à sa petite sœur. Je ne lui pardonnerai jamais. Et, non plus, je ne pardonnerai jamais à ma mère.

 

Je fais partie de la catégorie de ces mères qui, ayant été tabassées, humiliées, insultées, menacées de mort par leur mère n'a pas fait la même chose à sa fille.

17.02.2009

l'enfance maltraitée à la télé

France 3 va diffuser un documentaire consacré à l'enfance maltraitée, lundi 2 mars à 20:35. Ils sont 19.000 enfants chaque année en France à subir de mauvais trainements.

Trois enfants meurent chaque semaine de mauvais traitements. Dans 9 cas sur 10, ils sont infligés par leur propre famille… La maltraitance des enfants est un phénomène social, auquel chacun peut être confronté un jour.

 

Les réalisatrices Claire Lajeunie et Julie Zwobada ont suivi les différents acteurs (médecins, brigades des mineurs, juge pour enfants, psychologues, éducateurs sociaux...) confrontés dans leur quotidien à la maltraitance infantile. Elles donnent également la parole à de toutes jeunes victimes qui livrent des témoignages bouleversants. Et pour la première fois dans un documentaire, des parents maltraitants acceptent de se livrer.

 

C'est l'histoire de Gaël. Pendant 21 mois, il est martyrisé par son père. A l'époque, le garçon a huit ans... Aujourd'hui, il a seize ans et se reconstruit en pratiquant de la boxe de haut niveau. Son père, lui, a écopé de quatorze ans de prison ferme... Malheureusement, Gaël n'est pas un cas isolé. A l’hôpital Necker, dès le plus jeune âge, des bébés arrivent ici en urgence, certains sont victimes de chutes inexpliquées, d’autres sont couverts de bleus et d’hématomes… A chaque fois qu’un enfant est en danger, les médecins doivent faire un signalement judiciaire pour déclencher une enquête de police…

 

Et quand les parents sont soupçonnés de maltraitance, c’est à la brigade des mineurs qu’ils sont entendus… A Lille, sur ordre du parquet, chaque jour, le capitaine David Flament et son équipe enquêtent sur des affaires de bébés secoués, d’enfants battus ou maltraités sexuellement. Quand la maltraitance est avérée, les juges des enfants décident de les retirer à leurs parents et de les placer dans des structures d’accueil spécialisées. Comment de tels drames peuvent-ils encore arriver et quelles peuvent être les conséquences pour l’avenir de l’enfant ?

 

A Paris, Martine Nisse est thérapeute et prend en charge des victimes de violences familiales... Elle a appris à décrypter tous les signes de détresse de ces enfants violentés même dans leurs gestes les plus simples. Ce documentaire donne la parole à des parents maltraitants et montre aussi comment ces enfants martyrisés se recon

14.02.2009

La Psy des Enfants Maltraités – 8

A chaque fois, on me dit que l’on n’était pas un enfant maltraité, que l’on n’était pas non plus un enfant battu, mises à part quelques claques, qui bien sûr comme chacun sait ne comptent pas, ou de coups de pied au derrière occasionnels, qui en fait étaient vraiment mérités, parce qu’on était parfois insupportable et qu’on tapait sur les nerfs de ses parents. Souvent on m’assure qu’au fond on était un enfant aimé, mais qu’on avait de pauvres parents dépassés, malheureux, dépressifs, mal informés ou même alcooliques, qui eux-mêmes avaient grandi sans amour. Rien d’étonnant alors si ces parents perdaient patience et tapaient si facilement. On ne peut qu’avoir de la compréhension pour un tel comportement. On aurait tant voulu leur venir en aide, parce qu’on les aimait et qu’ils nous faisaient de la peine. Mais même au prix des plus grands efforts, personne n’a jamais réussi à les sauver en les tirant de leur dépression et à les rendre heureux.

 

Tout cela laissait subsister les affres d’un sentiment de culpabilité que rien ne peut faire refluer. On se trouve en permanence confronté à cette question : qu’est-ce que je fais de travers ? Pourquoi je n’arrive pas à tirer mes parents de leur détresse et à les sauver ? Je me donne tant de mal. Avec les thérapeutes, c’est pareil. Ils disent que je dois quand même profiter des bonnes choses de la vie, mais je n’y arrive pas, et de cela aussi je me sens coupable. Ils disent que je dois malgré tout devenir enfin adulte, ne pas me considérer comme une victime, que mon enfance est terminée depuis longtemps, que je dois quand même finir par tourner la page et arrêter de ruminer. Ils disent que je ne dois pas chercher de coupable ou de responsable ailleurs, sinon la haine me tuera, que je dois enfin pardonner et vivre dans le présent, sinon je suis un patient "borderline", ou je ne sais quoi encore. Mais comment puis-je y arriver ? Naturellement, je ne veux pas incriminer mes parents, parce que je les aime et que je leur dois d’être au monde. Ils ont eu assez de soucis avec moi. Comment me débarrasser de mes sentiments de culpabilité ? Ils deviennent encore plus forts à chaque fois que je frappe mes enfants, c’est affreux de voir que je suis incapable d’arrêter de le faire, et je replonge à chaque fois dans le désespoir. Je me déteste de ce recours irrépressible à la violence, je me hais quand je suis pris d’une crise de fureur aveugle. Que puis-je faire contre cela ? Pourquoi dois-je constamment me détester et me sentir coupable ? Pourquoi tous les thérapeutes que j’ai vus ne m’ont-ils été d’aucune aide ? Depuis des années j’essaie de suivre leurs conseils, mais malgré tout je n’arrive pas à me libérer de mes sentiments de culpabilité et à m’aimer comme je devrais le faire.  " 

 

La Pédagogie Noire et les Thérapies

Nombre de thérapeutes et de thérapies sont donc encore prisonniers de telles conceptions moralisatrices et dangereuses. Alice Miller propose même sur son site une " FAQ " (Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ?) pour aider à trouver un thérapeute qui soit vraiment une aide, libéré des préceptes moraux traditionnels de l’éducation, ce qui tranche avec l’opinion répandue que la plupart des psys sont compétents, elle nous dit le contraire, que seulement une minorités sont compétents et peuvent vraiment aider leurs patients, car peu d’entre eux ont osés remettre en question leurs propre éducation, leurs propres parents et une majorité ne semble pas pouvoir tenir compte de l’importance de l’enfance qui reste minimisée :

 

Adresses de thérapeutes

Si je connaissais des thérapeutes assez respectueux pour répondre à vos questions ; assez libres pour montrer leur indignation sur les comportements de vos parents envers vous ; assez courageux pour vous accompagner avec empathie quand vous exprimez votre rage bloquée dans votre corps depuis des décennies ; assez bien informés pour ne pas faire des sermons sur "vous devez oublier", le pardon, la méditation et les "pensées positives" ; assez honnêtes pour ne pas vouloir vous endormir avec des mots vides comme "spiritualité" quand ils ont peur de votre histoire tragique - je serais heureuse de vous donner leurs noms, adresse et téléphone. Mais je ne les connais pas.

Quand j’ouvre Internet, je trouve une avalanche d’offres ésotériques, religieuses, sectaires, commerciales ou des pratiques manipulatrices dangereuses sur le corps, en tout cas pas ce que je cherche.

 

A SUIVRE

Il existe un site Internet d'Alice Miller que vous trouverez facilement dans votre moteur de recherche préféré; vous pourrez y contacter directement cette femme extraordinaire.

La rédactrice du blog n'a pas écrit cet article.

 

12.02.2009

La Psy des Enfants Maltraités – 7

Certes, un enfant maltraité ne peut pas survivre sans ses illusions - mais un thérapeute adulte doit s’en montrer capable. Dès lors, son patient pourra se dire : " Pourquoi devrais je pardonner, si personne ne me le demande ? Mes parents se refusent bien à savoir, à comprendre ce qu’ils m’ont infligé. Pourquoi donc devrais-je continuer à m’efforcer, par exemple à l’aide de la psychanalyse ou de l’analyse transactionnelle, de comprendre mes parents et leur enfance, et de leur pardonner ? A quoi cela peut-il servir ? Qui en sera aidé ? Cela n’aide pas mes parents à voir la vérité, et moi, cela m’empêche de vivre les sentiments qui m’ouvriraient l’accès à la vérité. Sous la cloche de verre du pardon, les sentiments n’ont ni le droit ni la possibilité de s’exprimer librement. " Semblables réflexions ne sont hélas pas d’usage dans les milieux thérapeutiques, où le pardon a force de loi. La seule concession que l’on fait est d’établir une distinction entre vrai et faux pardon. Mais le prétendu vrai " pardon ", reste en tout cas considéré comme l’objectif thérapeutique, et n’est jamais remis en question. J’ai demandé à beaucoup de thérapeutes pourquoi ils estiment le pardon nécessaire à la guérison, mais n’ai jamais reçu de réponse. Selon toutes apparences, ils n’avaient jamais encore remis en question cet impératif qu’ils jugeaient comme allant de soi, au même titre que les mauvais traitements connus dans leur enfance. Je ne puis m’imaginer qu’une société qui ne maltraite pas ses enfants, mais au contraire les respecte et les protège avec amour, développerait l’idéologie du pardon d’inconcevables cruautés. Cette idéologie est indissolublement liée au commandement : " Tu ne te rendras compte de rien ", ainsi qu’à la répétition de la maltraitance à la génération suivante, qui paie le prix fort pour le pardon auquel ont été astreints ses parents. La peur de la vengeance des parents imprègne notre " morale "."

 

La Culpabilité

Les interprétations des faits comme quoi l’enfant ou même la théorie de Freud du complexe d’Oedipe ou l’enfant est rendu coupable de l’abus sexuels de ses parents pour cacher la responsabilité des parents sont dues à la culpabilité, on pourrait dire que ces idées sur la " culpabilité innée " de l’enfant, les gènes du mal ou encore sur la nécessité des fessées sont des visions déformées de la réalité à travers le prisme de la culpabilité, ou l’on considère l’enfant coupable et donc responsable de ce qu’il subis, comme le croient les parents. On fait culpabiliser l’enfant pour ce qu’on lui fait subir. L’enfant se croit coupable de ce que lui font ses parents, le problème est que l’on ne fait pas la différence entre se sentir coupable et être coupable d’avoir commis des actes criminels, comme le montre A. Miller dans cet article : Les Sentiments de Culpabilité

 

" Il arrive qu’on me demande d’où je tire ma certitude et sur quoi je m’appuie pour contredire comme je le fais les opinions établies, étant donné que je ne suis membre d’aucune école, d’aucune secte ni de quelque confession religieuse que ce soit, et qu’ordinairement c’est l’appartenance à de telles communautés qui procure à bon nombre de gens une apparence d’assurance. C’est vrai, je ne crois qu’aux faits que je peux vérifier moi-même. J’ai pu comprendre la signification de ces faits grâce à tout ce que j’ai vécu dans ma vie et aux milliers de lettres que j’ai reçues des lecteurs de mes livres depuis 1979.

 

Pour la plupart d’entre elles, ces lettres sont marquées par un déni de la réalité vécue par les personnes concernées, presque total et tout à fait frappant, mais que l’exposé des faits révèle nettement à un observateur extérieur. Les lettres sont presque toujours écrites DU POINT DU VUE DES PARENTS, qui sont dans l’incapacité de supporter l’enfant que l’on était, et encore moins de l’aimer. En revanche, le point de vue de l’enfant ne s’exprime pas dans une seule phrase, si l’on met à part la souffrance de l’adulte d’aujourd’hui, ses symptômes physiques, ses dépressions, ses idées suicidaires et les sentiments de culpabilité qui le tenaillent.

 

 

A SUIVRE

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10.02.2009

La Psy des Enfants Maltraités – 6

Mais si un client, accompagné d’un témoin empathique, est en mesure de trouver et de comprendre sa peur de ses parents et éducateurs, il pourra graduellement dissoudre cet attachement destructeur. Il n’aura pas à attendre longtemps avant que son corps manifeste une réaction positive et que ses messages ne deviennent de plus en plus intelligibles, parce que le corps cessera de s’exprimer par le biais de symptômes mystérieux. Le client sera alors en mesure de réaliser que ses thérapeutes (le plus souvent involontairement) l’ont et se sont eux-mêmes abusés, car le pardon inhibe presque entièrement la cicatrisation des blessures psychiques. L’obsession qui vous pousse à reproduire les dommages qui vous furent infligés ne s’arrête pas avec le pardon."

 

Le Pardon dans le domaine des thérapies est aussi dénoncé par Alice Miller, car l’on croit que c’est de ne pas pardonner aux parents, de ne pas leur obéir qui rend malade alors que c’est précisément le contraire car pardonner revient à nier ses véritables sentiments, à les ignorer pour pouvoir pardonner, comme elle nous l’explique dans l’article "A Propos du Pardon " :

"Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l’enfant martyrisé continue cependant à vivre: dans les ténèbres de l’angoisse, de la répression, de la menace. Lorsque toutes les tentatives pour amener l’adulte à écouter son histoire ont échoué, il essaie de se faire entendre par le langage des symptômes, à travers la toxicomanie, la psychose, la délinquance. Cet enfant, devenu à son tour adulte, se prend à soupçonner l’origine de ses souffrances, et demande à des spécialistes si elles ne pourraient pas être en relation avec l’enfance ; on lui assure dans la plupart des cas qu’il n’en est rien. Où, si l’on confirme son intuition, on lui explique qu’il doit apprendre à pardonner, que c’est son attitude rancunière qui le rend malade. Dans ces groupes fort connus où l’on propose une thérapie aux personnes en état de dépendance et à leurs proches, le mot d’ordre est toujours : Tu ne pourras guérir que quand tu auras pardonné à tes parents tout ce qu’ils t’ont fait. Même s’ils étaient tous les deux alcooliques, s’ils ont abusé de toi, t’ont battu, plongé dans un total désarroi, soumis à des exigences au-dessus de tes forces, exploité - tu dois tout leur pardonner, sinon tu ne pourras pas guérir. De nombreux programmes, baptisés thérapeutiques, ont pour principe d’apprendre dans un premier temps à exprimer ses sentiments et, simultanément, à tenter de voir ce que l’on a vécu dans son enfance. Mais, ensuite, il faut s’astreindre au " travail du pardon ", prétendument nécessaire à la guérison."

 

"La " thérapie " qui prêche le pardon dévoile par là sa position éducatrice. Et cela révèle également l’impuissance des prêcheurs de pardon, qui se baptisent étrangement thérapeutes mais devraient, ce serait plus exact, se désigner du nom de prêtres. Le résultat est, au bout du compte, la perpétuation de l’aveuglement acquis dans l’enfance, qu’une véritable thérapie aurait pu dissiper. Le patient ne cesse de s’entendre dire, jusqu’à ce qu’il le croie - et le thérapeute est alors tranquillisé : " Ta haine te rend malade ; pour guérir, tu dois pardonner et oublier. " Or ce n’est pas la haine, mais justement cette morale si instamment conseillée qui a, dans son enfance, plongé le patient dans ce désespoir muet et l’a finalement rendu malade, en le coupant de ses sentiments et de ses besoins. L’exhortation au pardon n’a rien à voir avec une thérapie efficace ni avec la vie. Et elle a barré à nombre de personnes cherchant de l’aide le chemin de la délivrance. Les thérapeutes sont sous l’emprise de leur propre peur, la peur de l’enfant maltraité qui redoute la vengeance de ses parents, et se laissent guider par l’espoir que, malgré tout, une bonne conduite vous permettra un jour ou l’autre d’acheter l’amour de vos parents. Cet espoir illusoire des thérapeutes, les patients le paient d’un prix élevé : recevant, en guise de " thérapie ", des informations fausses, ils ne peuvent trouver le chemin de la délivrance. En me refusant à pardonner, je renonce à toutes les illusions.

 

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07.02.2009

La Psy des Enfants Maltraités – 5

Extrait de l’article d’Alice Miller "Le corps et la morale" :

"Les personnes qui ont été aimées sans condition dans leur enfance n’ont pas à se forcer, une fois devenues adultes, pour donner à leurs parents cette même affection qu’ils ont jadis reçue. Par contre, les personnes qui ont été maltraitées et trahies en tant qu’enfant développent une haine latente, s’en prennent à leurs enfants et propagent l’opinion selon laquelle les fessées sont nécessaires et sans danger. Ils répandent ces opinions sans hésiter, bien que le contraire ait été démontré depuis longtemps. Ils font cela parce que le Quatrième Commandement leur impose de dénier les dommages qui leur ont été fait, les dommages causés à leur cerveau et à leur capacité innée à ressentir de la compassion.

 

Malheureusement, sans cette compassion, ils sont capables de fesser leurs enfants sans pour autant ressentir leurs souffrances, et ils acceptent leur propre mutilation sans se plaindre, de sorte qu’ils puissent " honorer leurs parents ". Ils obéissent aux commandements de leurs parents du fait d’un sentiment de respect qui découle surtout de leur attente que leurs mères et pères deviennent enfin ces parents que l’enfant attendait. En conséquence, la loyauté infantile de l’adulte associée à un discours moraliste (" J’ai mérité ces châtiments ", " Tous les parents font parfois des erreurs ") conduit souvent à l’hypocrisie et à la violence envers des personnes innocentes. Qu’obtenons-nous en obéissant au Quatrième Commandement ? Un commandement est-il susceptible d’engendrer une compassion véritable ?

 

Pouvons-nous dicter un sentiment d’amour à un être humain dont le corps a enregistré la violence au lieu de l’amour au cours des premières années, cruciales, de sa vie ? Nous savons qu’une telle personne réprime ses sentiments véritables au profit de la morale, ce qui souvent engendre des affections comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. En effet, nous ne pouvons nous débarrasser, une fois pour toutes, de cette haine réprimée que nous retournons souvent contre nous-mêmes, bien que nous tentions de le faire en faisant usage de la morale. C’est pourquoi il est rare que quelqu’un ait le courage de dire clairement et honnêtement : " Je n’ai jamais reçu d’amour de ma mère et donc je ne ressens pas d’amour pour elle. En vérité, elle est une étrangère pour moi. Elle est seule et aurait peut-être besoin d’un fils aimant, mais je ne veux pas mentir pour lui donner cette illusion. Je lui dois, ainsi qu’à moi-même, la vérité que je ne peux ressentir un sentiment d’amour véritable pour elle en tant qu’adulte, parce que j’ai tellement souffert de son aveuglement en tant qu’enfant. " Une personne osant dire cela ne mettra plus ses enfants en danger et n’aura vraisemblablement plus à craindre de maladies graves, parce qu’elle est en mesure de comprendre les messages de son corps avant qu’il ne soit trop tard."

 

"Comme j’ai pu vérifier cela dans ma propre biographie de fille puis de mère et dans la vie d’autres personnes, j’ai compris pourquoi la thérapie primale ne pouvait pas m’aider. Dans le cercle vicieux de la douleur déchirante répétée, j’ai pu, en fait, parvenir à retrouver des fragments de l’histoire de mon enfance, mais je n’ai pas été en mesure d’abandonner la position de l’enfant sans défense, qui reste prisonnier de son impuissance. La psychanalyse ne pouvait m’aider non plus parce qu’elle prend le parti des parents et augmente en conséquence les sentiments de culpabilité et de dépendance.

Ayant lu de nombreuses biographies et plus encore des témoignages enflammés sur les forums Internet "Notre enfance", je suis parvenue à des conclusions que j’aimerais brièvement exposer.

 

(1) Les sentiments que l’enfant jadis abusé porte à ses parents, et que nous appelons généralement de l’amour, n’est pas un amour authentique. Il s’agit plutôt d’un attachement émotionnel chargé d’attentes, d’illusions et de dénis qui se paie d’un prix élevé pour toutes les personnes concernées.

 (2) En premier lieu, nos propres enfants paient le prix de cet attachement. Ils doivent grandir dans un esprit d’hypocrisie, parce que nous sommes automatiquement tentés d’infliger les mêmes " méthodes éducatives " à nos enfants. Mais souvent nous payons également ce déni par des dommages causés à notre santé, parce que notre "reconnaissance" est en contradiction avec la connaissance qu’a notre corps.

 (3) L’échec de nombreuses thérapies s’explique par le fait que la majorité des thérapeutes sont piégés par la morale traditionnelle et essayent de manipuler leurs clients de cette manière, parce qu’ils n’ont jamais appris autre chose. Dès qu’une cliente commence à revivre ses sentiments et parvient, par exemple, à condamner les agissements incestueux de son père sans ambiguïté, sa thérapeute se met à craindre la punition de ses propres parents parce que sa cliente ose réaliser et articuler sa propre vérité. Comment expliquer autrement que le pardon soit offert en guise de remède ? De même que les parents le firent pour leurs enfants, les thérapeutes suggèrent souvent de pardonner dans le but de s’apaiser eux-mêmes. Et comme cela résonne si familièrement, la cliente mettra du temps à ne plus se laisser tromper par cette pédagogie. Et lorsqu’elle aura finalement découvert en quoi consiste les méthodes éducatives de sa thérapeute, elle pourra difficilement la quitter, parce qu’entre temps un nouvel attachement toxique se sera développé. Maintenant, la thérapeute est comme une mère pour elle, puisqu’elle a facilité sa renaissance émotionnelle, qu’elle lui a permis de ressentir à nouveau ses émotions. En conséquence, elle continue d’attendre le salut de sa thérapeute, au lieu de reconnaître les messages de son corps qui lui offre son aide.

 

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04.02.2009

A voir

Jean-Luc Delarue présentera, mercredi 18 février à 22:10 sur France 2, un numéro du magazine " Ça se discute " qui sera consacré à la maltraitance des enfants. 19 000 cas de maltraitance sur mineurs signalés l’année dernière en France. Pour plus de la moitié, c’est la mère qui est désignée comme responsable. Qui sont ces femmes qui peu à peu remplacent les mots par la violence physique ?

 

Dans " Ça se discute ", des mères violentes témoignent. Ces femmes ont accepté de briser le silence sur ce sujet encore tabou. A côté d’elles, sur le plateau, des personnes qui ont souffert d’avoir été maltraitées physiquement ou psychologiquement par leur mère. Ils nous diront quelles traces de ces mauvais traitements ils gardent aujourd’hui. 

 

Où commence la maltraitance ? Qui sont ces mères qui maltraitent leur enfant ? Comment devient-on une mère maltraitante ? Le risque de reproduction de la violence existe-t-il vraiment ? Les relations mères-enfants peuvent-elles être apaisées après des années de violence ? Voici quelques unes des questions auxquelles les témoins de " Ça se discute " tenteront de répondre.

03.02.2009

10 ans, mariée de force

Yémen. Symbole du combat contre les mariages forcés et précoces, Nojoud Ali, 10 ans, mariée de force par son père, a rencontré des lycéens de Pantin.

Nojoud Ali peu après qu'une cour de justice yéménite a prononcé son divorce. (Khaled Abdullah Ali Al Mahdi / Reuters)

Dix heures du matin, au lycée Lucie Aubrac de Pantin (Seine-Saint-Denis). Dans une grande salle peu éclairée, 80 élèves attendent. Une petite fille s’avance d’un pas assuré vers son auditoire. Des voix s’élèvent. L’étonnement. Nojoud Ali a 10 ans seulement. Cette jeune fille, originaire de Khardji, dans le nord du Yémen, et installée avec sa famille à Sanaa, la capitale, s’est fait connaître en obtenant le divorce l’année dernière. Aujourd’hui, elle est en France, entourée de son traducteur et des membres de l’association Ni putes ni soumises (NPNS), qui l’ont invitée pour raconter son histoire, retracée dans un livre (1).

Quand, il y a quelques mois, son père lui a dit qu’elle allait devoir se marier, la fillette a refusé. Mais faute de pouvoir nourrir sa famille (deux femmes et quatorze enfants), l’homme a conclu un marché avec un trentenaire de son village, qui a pris Nojoud pour femme contre un petit pécule, une coutume plutôt courante au Yémen. Sans avoir une idée de ce que représente le mariage, Nojoud change de toit, de vie, puis découvre l’autre visage de celui qui avait promis d’être un époux protecteur. Aux questions sur sa nuit de noces, elle ne préfère pas répondre, pour ne pas se remémorer le triste scénario qui se reproduisait chaque soir de sa vie "maritale".

Tribunal. Pendant trois mois, elle a subi abus sexuels et maltraitance, cherchant en vain un recours auprès de sa famille qui "ne pouvait se permettre d’être déshonorée", selon les mots du pater familias. C’est alors que Nojoud se confie à la deuxième femme de son père, Dowla, qui lui laisse entendre que le tribunal est son seul recours. "Tribunal" : le mot fait son chemin dans la tête de la petite fille. Quelques jours plus tard, sa mère lui demande d’aller chercher du pain, lui tendant une poignée de pièces. C’est le moment ou jamais, pense Nojoud, qui décide de prendre le bus pour gagner le centre-ville de Sanaa. Perdue, elle appelle un taxi puis demande le "tribunal", où elle attendra plusieurs heures avant qu’on enregistre son étrange requête. "Je veux divorcer", demande-t-elle au juge. Abasourdi par cette demande sans précédent, le magistrat décide de la prendre sous son aile. Il consulte deux de ses confrères et ils conviennent que l’enfant ne peut pas retourner auprès de son mari, ni auprès de sa famille. Elle est finalement confiée à l’un des juges, Abdel Wahed, qui la gardera chez lui trois jours, le temps de placer le père et le mari en détention provisoire.

Icône. Un journaliste du Yemen Times, Hamed Thabet, relate les faits : Shada Nasser, une avocate sensible à cette cause, décide d’annuler tous ses rendez-vous pour se consacrer bénévolement à la défense de la jeune fille. Un procès s’ouvre contre les deux hommes à l’origine du pacte qui avait fait de Nojoud une mariée précoce. Le tribunal se laisse vite convaincre par Nojoud, qui finit par obtenir son divorce, quelques mois après la cérémonie de mariage.

Aujourd’hui, la fillette est devenue une icône de l’émancipation du système patriarcal au Yémen, où la parole de l’homme ne peut être remise en question. A 10 ans, la fillette a remis en cause une loi tribale ancestrale et les mœurs de sa société. Son histoire a fait le tour du monde, elle a même été élue femme de l’année 2008 avec son avocate par le magazine américain Glamour, aux côtés de Condoleezza Rice, Hillary Clinton ou Nicole Kidman.

Pendant son court séjour à Paris, Nojoud a rencontré Rama Yade (secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme), Fadela Amara (politique de la Ville, ancienne présidente de NPNS), Nadine Morano (Famille) et Valérie Létard (Solidarité). Mais sa rencontre avec des lycéens de banlieue lui tient à cœur. Les élèves présents ont tous entre 16 et 19 ans, la majorité d’entre eux ont des parents ou grands-parents d’origine étrangère, certains auraient même déjà été confrontés plus ou moins directement à la situation de Nojoud, selon la directrice de l’établissement.

"Et maintenant ?" lui demande un jeune homme. La voix fluette de Nojoud se fait entendre : "Maintenant, je veux retourner à l’école pour devenir avocate et aider les autres filles comme moi." Applaudissements. Bien qu’intimidée, la petite fille sourit, laissant apparaître une pointe de fierté. Une heure aura suffi au lycée Aubrac pour décider à l’unanimité d’un partenariat avec l’école de la petite Yéménite afin d’aider toutes les filles de son école. "Il ne faut pas abandonner Nojoud à sa nouvelle situation, et il ne faut pas non plus oublier toutes les autres Nojoud à travers le monde", renchérit Sihem Habchi, la présidente de NPNS. "Là-bas, ses parents ne l’encouragent pas, il faut prendre conscience que chez elle, c’est une traîtresse", explique la secrétaire générale de l’association, Bouchera Azzouz.

Nojoud remercie une dernière fois. La fillette disparaît dans un nuage d’adultes qui la presse et l’emmène vers une berline noire aux vitres teintées. Les médias attendent. Ensuite ce sera l’Allemagne.

(1) Moi Nojoud, 10 ans, divorcée, de Nojoud Ali avec Delphine Minoui, éditions Michel Lafon.

02.02.2009

La Psy des Enfants Maltraités – 4

Elle nous l’explique dans cette même interview :

" A votre avis, comment naissent la morale et l’éthique ? Pourquoi quelqu’un devient-il (im)moral ?

Un individu n’accède jamais à la morale grâce aux sermons qu’on peut lui faire, il acquiert des valeurs éthiques uniquement par le biais de l’expérience. Personne ne vient au monde méchant. Il est ridicule de penser, comme on le pensait au Moyen Age, que le diable enverrait un enfant méchant dans une famille, qui aurait à le corriger en le frappant, pour qu’il puisse devenir une personne comme il faut. Un enfant maltraité deviendra plus tard à son tour un tourmenteur et très certainement aussi un parent cruel, à moins qu’il n’ait trouvé dans son enfance un témoin secourable, une personne auprès de laquelle il pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté, une expérience qui lui aurait donné une idée de ce que peut être l’amour. Un enfant qui a vécu cela ne deviendra pas un tyran, il (ou elle) sera capable de respecter les autres et d’être en empathie avec eux. Il est très significatif que dans l’enfance de tous les dictateurs que j’ai étudié, je n’aie pas trouvé ne serait-ce qu’un seul témoin secourable. Il ne resta plus alors à l’enfant qu’à magnifier la violence qu’il avait eu à subir.

 

L’éducation religieuse nous apprend à pardonner à nos tourmenteurs. Devrions-nous vraiment leur pardonner ? Est-ce réellement possible ?

On peut comprendre que nous voulions pardonner et oublier pour ne pas avoir à ressentir la douleur, mais c’est une voie sans issue. Il apparaît tôt ou tard que ça n’est absolument pas une solution. Prenons le cas des nombreux auteurs d’abus sexuels recensés parmi les ecclésiastiques. Ils ont pardonné à leurs parents les abus dont ceux-ci se sont rendus coupables à leur égard, que ce soit sur le plan sexuel ou qu’il s’agisse d’autres types d’abus de pouvoir. Mais que font alors beaucoup d’entre eux ? Ils répètent les "péchés "de leurs parents, justement PARCE QU’ils leur ont pardonné. Si, ils étaient capables de condamner en toute conscience les actes de leurs parents, ils ne seraient pas contraints de les reproduire, de harceler et de troubler profondément des enfants en les forçant à garder le silence, comme si ce qui s’était produit était la chose la plus naturelle qui soit, et non pas un crime. C’est tout simplement eux-mêmes qu’ils trompent. Les religions peuvent exercer un pouvoir énorme sur nos esprits et nous pousser de bien des façons à nous tromper nous-mêmes. Mais elles n’ont pas la moindre influence sur notre corps, qui connaît parfaitement nos émotions vraies, et qui insiste pour que nous les respections. "

 

Le Pardon

Alice Miller dénonce donc aussi la morale traditionnelle du Pardon encouragée par la tradition religieuse qui ne tient pas compte du corps; il ne se laisse pas leurrer par une telle morale, en contradiction avec ce qui s’est réellement passé, les injonctions morales n’ont pas de poids face aux faits, et à leur conséquences. Ces "moralités" nous empêchent de reconnaître la cruauté de nos parents pour ce qu’elle est, pardonner revient à minimiser ce que nous avons subi.

 

Avoir accès à ces véritables sentiments est le seul moyen de connaître notre vérité et de guérir de nos souffrances, ce qu’empêche la morale traditionnelle et les injonctions comme le Pardon, qui veulent se substituer à nos véritables sentiments. C’est comme de faire passer du poison pour de l’eau et d’expliquer qu’il suffit de croire que ce n’est pas du poison pour éviter les effets nocifs du poison...

 

 

A SUIVRE

Il existe un site Internet d'Alice Miller que vous trouverez facilement dans votre moteur de recherche préféré; vous pourrez y contacter directement cette femme extraordinaire.

La rédactrice du blog n'a pas écrit cet article.

 

 

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